Fruits et légumes : entre prix et fraîcheur, quelle place pour le potager ?

Une étude m’a interpellé, et bien que pas récente, j’ai trouvé qu’il y avait matière à réflexions : L’« Étude OpinionWay – Smartway » a été menée en 2023 auprès de 1 004 Français de 18 ans et plus. Ils déclarent dépenser en moyenne 79 € par mois pour leurs fruits et légumes. 53% ont le sentiment d’en consommer moins sous au moins une forme (vrac, emballé, conserve ou surgelé) à cause de la hausse des prix. C’est un ressenti déclaré, pas une baisse mesurée de la consommation totale. D’ailleurs, 38% déclarent au contraire en consommer plus sous au moins une forme.

Que peut changer un potager dans ces arbitrages ? Il apporte des récoltes fraîches, le choix de ce qu’on cultive et une meilleure utilisation de ce qu’on cueille. Il complète les achats, sans les remplacer. L’étude porte sur les achats et les perceptions. Elle ne dit rien de la rentabilité des potagers.

Le budget pèse, la fraîcheur décide

Les budgets mensuels déclarés se répartissent ainsi : 25% dépensent 20 à 49 €, 34% entre 50 et 99 €, et 31% dépensent 100 € ou plus.

Le prix n’efface pas l’exigence de qualité. La qualité et la fraîcheur de l’offre influencent le choix de l’enseigne pour 87% des répondants, dont 53% « beaucoup ».

Cueillir au moment de cuisiner répond à cette recherche de fraîcheur. En revanche, cette enquête ne permet pas de chiffrer une économie.

« Cinq par jour » : un objectif perçu différemment

Les campagnes de santé publique recommandent de consommer cinq fruits et légumes par jour. Les Français y voient des choses très différentes :

  • 29% y voient un objectif qu’ils ont du mal à atteindre.
  • 27% y voient un élément fondamental de leur alimentation.
  • 24% y voient un luxe difficile à s’offrir.
  • 19% y voient une recommandation qu’ils ignorent totalement.
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Un potager peut mettre certains fruits ou légumes à portée de main pendant la saison de récolte. Il ne suffit pas à tenir cet objectif toute l’année.

Ce que l’étude mesure, et ce qu’elle ne mesure pas Elle mesure des perceptions et des habitudes déclarées. Elle ne mesure pas l’effet d’un potager sur l’alimentation ou sur le budget.

Vrac, emballé, conserve, surgelé : des choix à comprendre avant de planter

Les critères de choix changent selon le format. Pour le vrac, la qualité/fraîcheur et le prix sont cités chacun par 63% des répondants. Pour les conserves, le prix arrive en tête (57%), suivi de la durée de conservation (40%).

La conservation fait donc partie des arbitrages des ménages, et il n’y a aucune raison d’opposer le potager aux conserves ou aux surgelés. Avant de semer, une question se pose : veux-tu surtout récolter pour cuisiner tout de suite, ou aussi produire des quantités à conserver ?

  • Cuisiner au fil de la récolte : salades, herbes aromatiques, radis, tomates cerises, courgettes.
  • Produire pour conserver : haricots, tomates à sauce, potimarrons, oignons, ail.

Un potager utile commence par ce qu’on mange

Voici une méthode simple :

  1. Note pendant quelques semaines les fruits et légumes que tu achètes régulièrement.
  2. Repère ceux que ton foyer aime vraiment cuisiner.
  3. Choisis quelques cultures adaptées à ton espace (jardin, carré, bacs sur un balcon) et à ton temps disponible.

Commence modestement, et fais le bilan au bout d’une saison :

  • les récoltes réellement consommées,
  • les achats éventuellement évités,
  • les dépenses engagées (graines, plants, terreau, eau),
  • le temps passé.
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Ce bilan sera le tien. Il ne découle pas des résultats du sondage, qui porte sur les achats et la consommation, pas sur la performance économique des potagers.

Récolter sans gaspiller

Le gaspillage se joue aussi dans la cuisine. 49% des répondants ont déjà jeté des fruits ou légumes entamés parce qu’ils n’étaient pas sûrs de leur fraîcheur, et 46% en ont déjà congelé avant de ne plus pouvoir les consommer. Entre 58% et 69% pensent aussi qu’ils jetteraient moins s’ils étaient mieux informés sur la conservation, le rangement ou la durée de vie des produits.

Au jardin, la logique est la même :

  • Anticiper : prévoir l’usage des récoltes avant de semer en grand.
  • Cuisiner au rythme de la production : cueillir ce dont on a besoin, quand on en a besoin.
  • Prévoir une solution pour les surplus : congélation, bocaux, lacto-fermentation, don aux voisins.

Aucune méthode n’annule tout gaspillage, et je ne promets pas de « zéro déchet ». Retrouve nos guides pratiques sur la récolte et la conservation ailleurs sur binette-et-cornichons.com.

Cultiver pour mieux choisir, pas pour tout remplacer

Un potager peut te donner plus de maîtrise sur une partie de tes fruits et légumes : leur fraîcheur, leur variété et leur usage. Il complète les achats sans les remplacer. Quant aux économies éventuelles, seule ta propre saison de culture pourra les montrer.

Source ; « Étude OpinionWay – Smartway »